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2. Acteurs publics

Index des sites Internet des administrations publiques belges

ForEm , ORBEm / BDAB et Bruxelles Formation, VDAB : Organismes régionaux de l'Emploi et de la Formation (respectivement pour la Région Wallonne, la Région Bruxelles-Capitale, la Région Flamande).

T Interim : Entreprise publique d'Interim.

ONEm : Office National de l'Emploi.

Office National de la Sécurité Sociale


Les Institutions publiques en Belgique

La Belgique est un état fédéral (un peu plus de 10 millions d'habitants), mais il s'agit d'un fédéralisme quelque peu particulier. Et même unique au monde. Les entités fédérées sont en effet de deux natures :

- les Régions, s'intéressant à l'économie, à l'agriculture, au logement, au transport, à l'environnement, à l'aménagement du territoire, à l'emploi, ...
- les Communautés, s'intéressant à l'enseignement, la culture (bibliothèques, télévision, radio, ...) et aux matières dites personnalisables (politique familliale, aide à la jeunesse, politique de la santé, compétences linguistiques, ...).

Les Régions créées l'ont été au nombre de trois : la Région Wallonne (sud du pays, environ 3,3 millions d'habitants, dont le français est la langue officielle, sauf dans l'Est où l'allemand est langue officielle, et dans quelques communes dites "à facilités", proches des frontières linguistiques, officiellement bilingues), la Région Flamande (nord du pays, environ 5,8 millions d'habitants, uniformement néerlandophone, sauf en communes à facilités) et la Région Bruxelles-Capitale (environ 950.000 habitants; tout le territoire en est officiellement bilingue français-néerlandais, malgré une présence à 90 % des francophones).

Les Communautés créées l'ont été au nombre de trois, correspondant aux trois langues nationales : la Communauté Française de Belgique (dite dorénavant Communauté Française Wallonie-Bruxelles, concernant essentiellement la Région wallonne et la Région Bruxelles-Capitale, 4,1 millions d'habitants), la Communauté Flamande (essentiellement la Région flamande, 5,9 millions d'habitants) et la Communauté Germanophone (Est de la Région Wallonne, 70.000 habitants).

La Région Flamande et la Communauté Flamande ont fusionné, étant donné qu'elles concernent toutes deux pour l'essentiel une même population. La capitale en est cependant ... Bruxelles (faisant partie de la Région Bruxelles-Capitale), ville encore majoritairement néerlandophone au XIXème siècle. Cet ensemble est généralement dénommé "Vlaanderen" (littéralement "Les Flandres", ou plutôt "La Flandre" en français), bien que l'intitullé puisse en être "Vlaamse gemeenschap" ("Communauté flamande") ou "Vlaamse gewest" ("Région flamande") selon les compétences évoquées ... Réné Magritte est toujours bien vivant en Belgique !

En Région Bruxelles-Capitale, les compétences régionales à caractère linguistique, dont pour partie la politique de l'emploi, sont débatues au sein de commissions rassemblant l'ensemble des parlementaires régionaux d'un groupe linguistique : la Commission Communautaire Francophone ("CoCoF" en abrégé) et la Commission Communautaire Néerlandophone ("CoCoN" en abrégé).

Les partenariats entre les entités francophones se multiplient (notamment dans les domaines économiques et de la représentation internationale pour les Régions bruxelloise et wallonne; la Région wallonne devrait bientôt partager son informatique avec la Communauté française). Une simplification des structures de l'Etat en deux grandes entités fédérées (francophone et néerlandophone) est régulièrement évoquées. Avec l'opposition des diverses minorités concernées, bruxellois et germanophones en tête ...

L'édifice institutionnel mis en place à ce jour a permis de résoudre une bonne partie des problèmes liés à la situation linguistique de la Belgique. Mais figer dans la Constitution les réalités d'une époque pose des problèmes liés aux évolutions démographiques et politiques.

Ainsi :

  • Les Fourons ("Voeren" en néerlandais), commune flamande à facilités pour les francophones, ont toujours été dirigés par les francophones, ceux-ci étant présents à deux contre un dans la commune (historiquement, les habitants parlaient le bas allemand et le français, et ont progressivement adopté le français ou le néerlandais). Depuis les dernières élections, les néerlandophones sont à la tête de l'entité, les nombreux néerlandais originaires des Pays-Bas voisins pouvant désormais vôter aux élections communales;
  • Bruxelles, ville néerlandophone à l'origine, s'est progressivement peuplée de francophones, langue de la bourgeoisie à l'époque de l'origine de l'état belge. Le français était d'ailleur la seule langue nationale reconnue jusqu'en 1932. La présence francophone est aujourd'hui renforcée par l'immigration, essentiellement africaine (Afrique centrale et occidentale, Maghreb), et l'arrivée de fonctionnaires et d'employés liés à la qualité de capitale européenne de Bruxelles. La présence francophone déborde maintenant largement des limites de la Région Bruxelles-Capitale, et plusieures communes flamandes de la périphérie bruxelloise sont désormais majoritairement francophones, que celles-ci soient reconnues ou non à facilités ("tache d'huile francophone"). Plus de 120.000 flamands francophones (soit plus que les bruxellois néerlandophones) sont ainsi privés de droits linguistiques, et doivent donc communiquer avec leurs administrations en néerlandais, y compris parfois avec leur administration communale dirigée par ... des francophones. Les altercations entre les pouvoirs communaux francophones et leurs instances de tutelle sont nombreuses. L'ensemble de cette problématique est actuellement discutée au niveau des instances européennes à propos des droits des minorités;
  • Si le néerlandais est la langue maternelle d'environ 10 % des Bruxellois et que celle-ci jouit de droits équivalents à la langue française, peut être faudra t-il un jour se poser des questions quant au statut de la langue arabe, dans dans cette ville notamment peuplée de plus de 10 % de maghrébins d'immigration récente (1ère, 2ème ou 3ème génération).

Les provinces, actuellement au nombre de 10, sont des reliquats des départements créés sous l'Empire français. Elles dépendent directement de l'Etat Fédéral. Leur importance décroît, leurs compétences s'amenuisent (tourisme, aide à l'investissement, enseignement, ...) et leur disparition est régulièrement évoquée. La population y est pourtant attachée, ces provinces correspondant à des territoires historiques et / ou géographiques. La Flandre trouve ses origines dans le haut moyen âge et le Compté de Flandre. On ne parle en revanche de Wallonie que depuis le XIXème siècle.

Les communes sont en Belgique au nombre de 589. Une fusion intervenue en 1977 a permis de diviser leur nombre par 4 (elles étaient auparavant 2.359), les anciennes communes correspondant essentiellement à celles établies sous l'Empire français. Les communes sont dorénavant placées sous la tutelle des Régions.

L'Etat Fédéral garde notamment les compétences de la fiscalité, de la justice, de la sécurité intérieure, de l'armée, de la sécurité sociale et du droit du travail.

Ministère Fédéral de l'Emploi et du Travail
Index du Ministère Fédéral de l'Emploi et du Travail
Plan ROSETTA : Convention Premier Emploi.

Ministère Fédéral de la Justice
Ministère Fédéral des Affaires Sociales
Ministère Fédéral des Classes Moyennes et de l'Agriculture

Ministère Fédéral des Finances, Administrations fiscales fédérales

Ministère Fédéral de la Fonction Publique

Office National de la Sécurité Sociale
Office National des Pensions
INAMI : Assurance Maladie Invalidité.
Office national de sécurité sociale des administrations provinciales et locales
Banque Carrefour de la Sécurité Sociale
Fonds des accidents du travail (FAT)

ClicForm : Formulaires de l'administration online.

Conseil d'Etat
Cour d'Arbitrage
Cour de Cassation
Cour des Comptes

Commissariat Général à l'Euro

Organisation Internationale du Travail

Union Européenne

A ces entités publiques, il convient d'ajouter une série d'acteurs dits para-publics (para-stataux, para-régionnaux, para-communautaires, intercommunales), aux statuts variés (jusqu'aux Sociétés Anonymes de Droit Public, aux sociétés à capital mixte public/privé) s'intéressant aux domaines les plus divers. De plus, la gestion de certains organismes de Sécurité Sociale, (par exemple celle de l'ONEm), est assurée paritairement par les représentants des travailleurs et des employeurs.

Inventaire des différents sites publics en Belgique

 

Conséquences pour la Gestion des Ressources Humaines en Belgique.

La gestion des ressources humaines en Belgique est donc tributaire de très nombreux niveaux de pouvoir, les deux principaux étant le niveau fédéral et le niveau régional.

L'enseignement par exemple peut être communautaire, régional (formation professionnelle), fédéral (écoles militaires), provincial, communal ou libre. Les 3 grandes universités francophones elles-même (idem pour les 3 néerlandophones) ont une origine philosophique différente : Liège ( Gent ) est d'initiative d'Etat -dorénavant la Communauté Française, Bruxelles ( Brussel ) est issue de la Libre Pensée, et Louvain-la-Neuve ( Leuven ) est catholique. Les formations en ont été récemment coordonnées. En d'autres domaines, les compétences se chevauchent souvent entre les différents niveaux de pouvoir et les recours au Conseil d'Etat sont fréquents. Il existe ainsi notamment un Ministre fédéral et 3 Ministres régionaux de l'Emploi et du Travail; la Communauté Germanophone semble par ailleur avoir repris à la Région Wallonne certaines compétences liées à l'emploi.

Les matières couvertes relatives à la GRH sont essentiellement selon les niveaux de pouvoir :

  • fédéral : justice, sécurité sociale, transport (chemin de fer, aéroport national) politique de l'emploi et droit du travail;
  • régional : politique de l'emploi, organismes de placement et de formation professionnelle, transport (routes, aéroports régionaux), aide sociale;
  • communautaire : enseignement, emploi des langues;
  • provincial, communal : aides diverses aux investissements, logistique;
  • privé : certains secteurs de la sécurité sociale lui sont laissés : assurance accidents de travail, caisses de vacances, ... Le remboursement des soins de santé également, généralement géré par les mutualités philosophiquement marquées (syndicalisme, profession, territoire, langue, ...). Ajouter bien entendu à ceci tous les services non obligatoires;
  • paritaire : certains secteurs de la sécurité sociale (gestion et / ou prise en charge complète), droit du travail (le juge professionnel est assisté de juges consulaires).

 

L'Administration publique en Belgique n'a plus de secrets pour vous ?

Votre main à couper ? Je ne vous le conseille pas...

Un cas d'école, intéressant au premier chef la Gestion des Ressources Humaines : la politique de l'Emploi. Elle concerne bien entendu les demandeurs d'emploi, mais aussi les responsables du personnel, la politique de l'emploi étant notamment assortie d'aides et d'obligations légales individuelles ou collectives.

La mise en oeuvre de la politique de l'emploi était, avant la fédéralisation progressive, essentiellement assurée par l'Office National de l'EMploi (ou ONEm, organisme fédéral géré paritairement par les représentants des travailleurs et ceux des employeurs), équivalent de l'ANPE française ou de l'ADEM luxembourgeois. Il fut décidé de déléguer les compétences du placement et de la formation professionnelle aux entités fédérées. L'ONEm garde donc principalement la gestion financière de la politique de l'emploi, soit la perception et gestion des cotisations de l'assurance chômage. La distribution en est organisée par l'un des 3 syndicats officiellement reconnus (CSC , FGTB , CGSLB) ou par la Caisse Auxilliaire de Paiement des Allocations de Chômage (CAPAC), dépendant directement de l'ONEm.

Comment organiser au sein des entités fédérées les compétences qui leur sont désormais laissées, sachant que la formation professionnelle relève plutôt des Communautés et le placement des Régions ? Il fut décidé que la formation profesionnelle serait laissée à la compétence des Régions.

Deux organismes régionaux voient donc le jour : le ForEm (Région Wallonne) et le VDAB (Région Flamande). Chacun a pour compétences le placement et la formation professionnelle sur son territoire, et cette répartition règle donc cette matière pour environ 90 % des citoyens belges. Qu'en est-il des autres ?

  • les habitants du territoire de la Région Bruxelles-Capitale : le VDAB prend en charge la formation professionnelle des habitants néerlandophones de la Région. Le placement des travailleurs de la Région, francophones et néerlandophones, est assuré par l'ORBEm / BDAB. La formation professionnelle des bruxellois francophones est assurée par Bruxelles Formation;
  • les habitants du territoire de la Communauté Germanophone de Belgique : étant en principe repris par la Région Wallonne, cette matière semble devoir finalement être gérée par le Service pour l'Emploi de la Communauté Germanophone. Le site Internet vous renvoie directement vers le site du ForEm. Il est vrai que cet ensemble de quelques 70.000 âmes ne compte qu'environ 5 % de personnes sans emploi au sein de sa population active.

 

 

 
 



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